Quel avenir pour l’industrie de dĂ©fense Ă  Brest ?
Tribune de la majorité municipale publiée dans le Plouzané Magazine de mars 2007

DĂ©construction de l’ex-ClĂ©menceau, construction des FrĂ©gates multi-missions (FREMM), second porte-avions, redistribution des espaces entre la Royale et les activitĂ©s civiles : les sujets d’interrogation autour des industries de dĂ©fense Ă  Brest s’accumulent ces derniers temps. Historiquement, depuis Richelieu, la Marine et plus largement les industries de dĂ©fense jouent un rĂ´le capital Ă  Brest. Alors Ă©videmment, quand DCN indique que les FREMM ne seront pas construites Ă  Brest mĂŞme partiellement, l’optimisme n’est pas de rigueur. Quand DCN ne semble pas vouloir s’impliquer dans le grand chantier de dĂ©construction du ClĂ©menceau, au risque de voir la coque de l’ancien porte-avion partir vers une autre destination, Brest tremble et se raccroche Ă  la perspective de la construction d’un second porte-avion.

Mais quand SĂ©golène Royal dĂ©clare que la France ne construira pas le second porte-avion, l’inquiĂ©tude est lĂ©gitime. Car la construction d’un porte-avion, ce ne sont pas simplement des tĂ´les Ă  souder.

La construction d’un porte-avion, bien sĂ»r, rĂ©pond avant tout Ă  des impĂ©ratifs militaires et stratĂ©giques. La permanence Ă  la mer d’un groupe aĂ©ronaval est indispensable si l’on souhaite que la France, dans un cadre purement national ou dans un cadre europĂ©en puisse tenir sa place dans le concert des nations et projeter ses forces sur toutes les mers du monde dans le cadre de missions de pacification ou de maintien de la paix.

Mais la construction d’un porte-avion est une opĂ©ration lourde qui porte Ă©galement d’autres enjeux. D’un point de vue industriel, la construction d’un bâtiment tel qu’un porte-avion reprĂ©sente une commande très importante pour des grandes entreprises comme DCN et Thales fortement implantĂ©es Ă  Brest, mais Ă©galement pour des centaines de fournisseurs et de sous-traitants. Au final, ce sont, pendant plusieurs annĂ©es des milliers d’emplois qui sont en jeu pour concevoir, construire, Ă©quiper et armer ce navire. Et s’agissant de marchĂ©s protĂ©gĂ©s, la plupart de ces travaux doivent ĂŞtre rĂ©alisĂ©s, en fonction des règles applicables, en France ou au sein de l’Union EuropĂ©enne.

Et au delĂ  de ce chantier, lorsque l’Ă©tat finance une opĂ©ration aussi importante, c’est pour les industriels l’occasion d’innover, de lancer de nouveaux dĂ©veloppements et de franchir des jalons technologiques et mĂ©thodologiques indispensables pour pouvoir se positionner sur de futurs appels d’offre, que ce soit sur les marchĂ©s nationaux ou internationaux.

Avant de rayer d’un trait de plume la programmation de ce bâtiment emblĂ©matique, il est nĂ©cessaire de mesurer tous les enjeux militaires et stratĂ©giques, mais Ă©galement sociaux et industriels qu’elle implique. Dire que l’on va prendre de l’argent aux militaires pour le donner aux enseignants relève d’une logique simpliste puisque la construction d’un tel bâtiment bĂ©nĂ©ficiera avant tout au secteur industriel et productif menacĂ©, sur les marchĂ©s civils, par des dĂ©localisations massives.


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