Brest et sa m√©troppole : contexte et perspectives

El√©ments pour un projet alternatif et durable pour l’agglom√©ration Brestoise, tir√©s des r√©flexions et propositions √©labor√©es par le cercle Lanjuinais qu’anime yves Pag√®s depuis 2009.

L’avenir d’une agglom√©ration est conditionn√© par l’offre d’emploi et la qualit√© de vie qu’elle propose √† ses habitants. Or Brest est frapp√© depuis plus de vingt ans par un d√©clin, qui se traduit d’abord par une baisse constante de sa d√©mographie (149649 habitants en 1999, 141303 en 2010), mais aussi baisse des emplois industriels (de15,1% en 1999 √† 10,5% en 2010), baisse des effectifs de la Marine, fermeture de nombreux commerces et des milliers de logements vides, qui sont autant de t√©moins d’un recul de l’emploi sur Brest ayant entrain√© le d√©part de nombreux jeunes actifs de BMO avec baisse dans cette p√©riode de 10,5% de la population de moins de 45 ans et augmentation du nombe de retrait√©s (+29% de 75 ans et plus). Une cause principale explique cette tendance pr√©occupante : l’absence de d√©senclavement de Brest, alors que les √©changes s’acc√©l√®rent dans toutes les autres m√©tropoles qui ont su se doter de moyens de communication modernes et comp√©titifs. A cela s’ajoute le d√©fi de r√©ussir une reconversion industrielle dans les nouveaux m√©tiers des √©nergies marines renouvelables, qui n√©cessite le soutien √† des laboratoires de recherche qui cr√©ent notre valeur ajout√©e. Mais la qualit√© de vie est aussi un facteur attractif qui sera jug√© par les habitans sur la qualit√© de la r√©novation urbaine dans un espace qui se rar√©fie et l’am√©lioration des d√©placements dans un souci de d√©veloppement durable, ainsi que sur l’arriv√©e de nouveaux grands √©quipements et la s√©curisation de l’espace public.

- Une situation institutionnelle qui va changer - Avant d’analyser ces diff√©rentes politiques publiques, il convient de rappeler comment se prennent les d√©cisions au niveau de l’agglom√©ration. BMO est actuellement la communaut√© urbaine la plus int√©gr√©e de France par le transfert, en plus de celles obligatoires, de nombreuses comp√©tences, au point de cr√©er un d√©s√©quilibre entre la C.U. et les communes qui la composent, qui ne gardent plus comme « pr√© carr√© » que la construction et l’entretien des √©coles, le p√©riscolaire, un peu d’action sociale autour du CCAS, le soutien √† la vie associative sportive , culturelle et sociale. Tout ce qui concerne l’espace public est pass√© dans le giron de BMO, au m√©pris m√™me de la notion de subsidiarit√© avec le transfert des espaces verts en 2005 malgr√© une forte opposition des communes p√©riph√©riques. La ville de Brest a m√™me √©t√© plus loin en transf√®rant √† BMO la gestion de son personnel, m√™me si la ville reverse √† la C.U. Le co√Ļt de ces frais de personnel. En les d√©pouillant progressivement de leurs pr√©rogatives, par ce qui s’apparente √† une mise sous tutelle supra communale, il y a manifestement une volont√© non avou√©e de la ville centre de phagocyter √† terme les comunes p√©riph√©riques. M√™me les pouvoirs de police des maires sont un peu « remis en question » par la mise en place du CISPD (commission intercommunale de s√©curit√© et pr√©vention de la d√©linquence) qui d√©finit la « bonne politique » de pr√©vention sur l’agglom√©ration. Mais si autant de transferts successifs de comp√©tences ont √©t√© possibles ces derni√®res ann√©es, c’est que la repr√©sentation des communes au sein du conseil de BMO donne √† la seule majorit√© socialiste de Brest la majorit√© absolue au conseil de CUB ! Mais les choses vont changer avec l’entr√©e en vigueur de la nouvelle loi √©lectorale, qui va introduire une repr√©sentation diff√©rente donnant plus d’√©lus aux petites communes. Dans la future assembl√©e la majorit√© Brestoise ne sera plus majoritaire √† elle toute seule. On pourrait penser que c’est un progr√®s, mais dans les faits cela veut dire aussi qu’un habitant de Guipavas ou Plouzan√© p√®sera plus qu’un habitant de Brest, puisqu’il faudra plus d’√©lecteurs √† Brest que dans les communes p√©riph√©riques pour √©lire un conseiller communautaire. Cette nouvelle repr√©sentation territoriale se fait donc un peu au d√©triment de la d√©mocratie. Cela doit nous alerter en amont et nous faire rencontrer les responsables des listes de m√™me sensibilit√© des autres communes pour √©viter de d√©couvrir apr√®s les √©lections que nos projets sont diff√©rents voire incompatibles, ce qui serait la meilleure fa√ßon de ne pas consolider une majorit√© stable sur BMO en cas de victoire.

- La priorit√© du d√©senclavement comme cl√© de l’emploi - L’accessibilit√© de Brest doit √™tre am√©lior√©e √† plusieurs niveaux. Tout d’abord la construction d’une vraie ligne de chemin de fer √† grande vitesse permettant de relier Brest √† Rennes √† 300 km/h, comme partout ailleurs en France o√Ļ il y a des LGV, r√©duisant de ce fait le temps de liaison avec Paris √† moins de trois heures. Nos √©lus locaux n’ont cess√© de reculer dans leurs demandes depuis vingt ans, acceptant un temps le choix du train pendulaire pour ne s’accomoder ensuite que d’am√©nagements de voies pour pouvoir atteindre les 220km/h, loin des possibilit√©s d’un vrai TGV. Dans le m√™me temps de nombreuses m√©tropoles, aussi voire moins excentr√©es que Brest, ont obtenu tous les financements pour se doter de moyens de communication ferrovi√®re modernes et performants. En restant √† la traine Brest n’est plus comp√©titif et d√©croche dans un monde o√Ļ les √©changes s’acc√©l√®rent. Nos √©lus locaux devraient pourtant s’insurger d’une telle in√©galit√© de redistribution de l’argent public entre r√©gions. Et au sein m√™me de notre r√©gion on voit que des villes moyennes comme Saint Malo, fr√©quent√©es par les Parisiens, disposent d’un TGV, ou que se profile la priorit√© d’une liaison TGV Rennes-Nantes, court circuitant un peu plus l’ouest Breton.

Autre fa√ßon d’acc√©l√©rer les temps de transit pour rejoindre Brest : la mise aux normes autorouti√®res de la route √† quatre voies N12 entre Brest et Rennes avec vitesse √† 130km/h, assurant un gain de temps d’environ 25 minutes. Rennes et Caen sont bien reli√©s par une autoroute gratuite, alors qu’il ne s’agit pas de villes particuli√®rement enclav√©es. Pourquoi cette demande n’est elle pas formul√©e avec insistance par nos d√©cideurs locaux ? Peut √™tre la crainte de disperser nos demandes alors que nous n’avons encore rien obtenu jusqu’√† pr√©sent ?

Cependant avec un a√©roport aux normes internationnales on pourrait penser que Brest est reli√© rapidement √† la capitale. Mais quel particulier Brestois peut se permettre de payer 500‚ā¨ un d√©placement sur Paris avec Air France, compagnie qui dans le m√™me temps, hors low cost, offre, pour relier d’autres grandes villes √† Paris, des tarifs 3 √† 4 fois moins chers ! Il n’y a plus de possibilit√© d’achat de billets low cost, Air France b√©n√©ficiant de fait d’un quasi monopole tr√®s pervers dans une ville o√Ļ n’existe pas la concurrence du TGV. Pourquoi la CCI ne met elle pas en concurrence plusieurs compagnies sur la ligne Brest-Paris ? A quelle hauteur Air France participe-t-elle √† l’√©quilibre financier de l’a√©roport pour b√©n√©ficier d’une telle rente de situation ?

L’√©cotaxe qui se profile est aussi source d’accentuation de notre enclavement par le surench√®rissement des couts de transport routier qu’elle induit. Il convient de s’opposer fermement √† une mesure qui l√† encore frappe de fa√ßon in√©galitaire les r√©gions ; celles qui sont d√©j√† p√©nalis√©es par l’√©loignement se voyant doublement tax√©es. Ce qui fait qu’√† l’avenir, dans ces conditions, aucune entreprise ne voudra venir s’installer √† la pointe de Bretagne. Il est de plus scandaleux de vouloir conditionner √† la perception de l’ecotaxe la construction de la LGV ouest alors qu’aucune condition de ce type n’a √©t√© jusqu’√† pr√©sent requise pour financer les autres lignes.

Le d√©senclavemet √©nerg√©tique est aussi √† envisager rapidement puisque notre r√©gion consomme beaucoup plus d√©nergie qu’elle n’en produit. Pour √©viter tout risque de black out √† l’horizon 2015, avec la disparition des terminaux √† charbon de Dirinon et Brennilis, il convient de construire une centrale √† cycle combin√© au gaz √† Landivisiau, qui diminuerait de 40% notre d√©pendance √©lectrique, alors que parall√®lement un effort doit √™tre fait pour les √©conomies d’√©nergie.

On le voit, les solutions du d√©senclavement existent et ont profit√© √† d’autres r√©gions que la notre. Un vrai TGV, la mise aux normes autorouti√®res de la RN12, des tarifs a√©riens low cost et la fin du monopole d’Air France, sont autant de projets politiques essentiels qui n’ont pas √©t√© suffisamment soutenus par nos √©lus locaux. C’est cette inertie et impuissance politique qui explique ce retard pris dans la connection rapide avec les centres de d√©cision et d’√©change, qui a entrain√© le d√©crochage de l’emploi. Pour briser ce cercle vicieux il convient donc de jouer sur le maillon faible actuel : le facteur humain. Il faut mettre √† la t√™te de notre agglom√©ration les personnalit√©s qui apporteront la volont√© et la capacit√© politique pour d√©fendre et porter en haut lieu les moyens de notre d√©senclavement.

- R√©ussir la reconversion industrielle - Parall√®lement au d√©senclavement, il convient de relancer l’activit√© industrielle, qui d√©j√† basse, a chut√© de fa√ßon pr√©occupante depuis une vingtaine d’ann√©es, faisant de Brest une ville de fonctionnaires (en 2009, 43% des emplois de BMO se retrouvent dans les services administratifs, de sant√©, d’enseignement et d’action sociale), qui voit ses jeunes partir travailler ailleurs, les seuls emplois cr√©√©s l’√©tant d√©sormais √† plus de 80% dans le secteur tertiaire.

Le port militaire de Brest a ainsi perdu des batiments de surface et des sous marins qui ont migr√© vers Toulon. Le retour des six sous marins nucl√©aires d’attaque (SNA) et l’accueil de la future g√©n√©ration des sous marins Barracuda serait une v√©ritable bouff√©e d’oxyg√®ne pour l’emploi √† Brest. Une telle d√©cision ne peut √™tre que politique, mais n’est pas √† exclure.

Le port de commerce de Brest, qui dispose quand √† lui d’atouts ind√©niables voyant passer √† sa porte le ¬ľ du trafic maritime mondial, disposant d’une grande longueur de quais et d’une bonne r√©serve fonci√®re, d’industries de bord de quai et d’une r√©paration navale civile leader national, n’a que tr√®s peu augment√© ses trafics ces trente derni√®res ann√©es ne traitant qu’√† peine 3 millions de tonnes de marchandises, contre 80 au Havre ! D’ailleurs la chambre r√©gionale des comptes avait relev√© en 2007, en terme de handicap, un manque de strat√©gie et de clart√© dans les choix de la CCI de Brest, rappelant le gachis de la passerelle RO-RO qui n’a jamais servi ! Quelques soci√©t√©s se r√©partissent et controlent √† elles seules l’ensemble des transits dans une gestion v√©rouill√©e se suffisant √† elle m√™me. Brest demeure ainsi un port d’embarquement des productions agro-alimentaires de son interland imm√©diat mais est incapable de capter les √©normes trafics de conteneurs qui transitent pourtant √† sa porte avant d’entrer en Manche, comme si l’√©loignement terreste de Brest prenait le pas sur sa proximit√© maritime. En modernisant les installations portuaires par l’achat de portiques de d√©barquement de conteneurs, en approfondissant les chenaux et en pr√©servant un espace suffisant (d√©placement de Lafarge) pour stocker les conteneurs sur le polder et y permettre l’articulation d’une intermodalit√© mer-rail, Brest peut d√©velopper un port d’√©clatement de porte conteneurs. Mais il faut pour cela une volont√© politique, sachant que la R√©gion a confi√© la concession du port √† la CCI, pr√©f√©r√©e √† V√©olia. A l’occasion d’un prochain appel √† candidature cette entreprise pourrait ouvrir r√©ellement le port de commerce au trafic international par le d√©veloppement du fret ferroviaire qui est tr√®s insuffisant en Bretagne.

L’arsenal, lui, a vu en quelques ann√©es son activit√© et ses effectifs chuter avec la perte de la construction des navires de guerre, au profit de Cherbourg et Lorient. Et si Brest se contente maintenant de l’entretien et l’√©quipement de la flotte, DCNS a su se diversifier et se lancer dans l’innovation en mati√®re d’√©nergies marines renouvelables, qui constituent un v√©ritable espoir de voir prochainement une activit√© industrielle porteuse d’avenir s’implanter √† Brest. Ifremer s’est vu confier la plate forme des √©nergies marines renouvelables qui √©tudie les possibilit√©s de d√©veloppement des √©oliennes offshore, des hydroliennes et de l’√©nergie thermique marine. Un am√©nagement sur l’ouest du polder est ainsi act√© pour accueilir cette activit√© avec la construction esp√©r√©e de jackets ou fondations m√©talliques pour √©oliennes, voire l’assemblage d’√©oliennes. Un acc√®s mer sera cr√©√© par la construction d’un quai de 3OOm de long et d’une digue d’encloture de 1200m. Cette activit√© pourrait cr√©er plusieurs centaines d’emplois, mais notre collectivit√© doit rester vigilante car les financements tardent √† venir et d’autres villes du grand ouest sont sur les rangs pour prendre des parts de march√©. Avec DCNS, cet environnement Brestois de laboratoires de recherche de qualit√© est indispensable, autour d’Ifremer, de l’institut universitaire Europ√©en de la mer et de notre universit√© pour soutenir la reconversion industrielle qui se pr√©sente. Le maintien sur Brest d’une universit√© qui saura sauvegarder ses p√īles d’excellence (tel le pole comp√©titivit√© mer) et son ind√©pendance dans ses choix de recherche est indispensable √† la r√©ussite d’un red√©marrage √©conomique et √† la place de Brest dans le concert des m√©tropoles qui comptent.

- Un espace qui se rar√©fie - L’adoption et la r√©vision du plan local d’urbanisme (PLU) est un temps essentiel qui r√©partit la destination des terrains √† des usages futurs. BMO ayant consomm√© plus de 500 hectares entre 2000 et 2010, le premier constat que l’on peut faire c’est que sur Brest l’espace non encore construit se rar√©fie et en particulier les zones 2AU √† urbaniser. Il y a √©galement peu de r√©serves fonci√®res pour l’ouverture de nouvelles ZAC, alors que la superficie totale des 17 ZAC existantes (600 hectares) est nettement inf√©rieure √† celle des espaces verts (823 hectares). Pour √™tre √©conome de l’espace √† urbaniser, il faut √©viter l’√©talement urbain consommateur de terres agricoles. Il reste environ 200 exploitations agricoles sur le territoire de BMO et la pr√©servation de la surface agricole utile (SAU) est un facteur de p√©rennit√© de l’√©conomie agricole de l’agglom√©ration. Pour mieux maitriser l’espace foncier destin√© √† l’urbanisation plusieurs mesures doivent √™tre adopt√©es. D’abord ne pas utiliser les coefficients de r√©tention fonci√®re qui conduisent √† une surestimation du foncier √† ouvrir √† l’urbanisation. Ensuite √©viter l’utilisation des coefficients d’occupation des sols (COS) et la fixation de hauteurs maximales des batiments. Enfin d√©finir dans les documents de planification un objectif de renouvellement urbain avec recherche d’un investissement des dents creuses et identification des disponibilit√©s fonci√®res en z√īne am√©nag√©e. C’est qu’en effet plusieurs quartiers de Brest ont de l’habitat ancien qu’il convient de r√©nover et r√©habiliter pour des questions sanitaires, de confort, de qualit√© de vie et d’√©conomie d’√©nergie en r√©pondant aux enjeux fix√©s dans le Grenel 2 et en int√©grant les orientations du plan climat √©nergie de BMO, pour la mise en oeuvre d’un v√©ritable « PLU facteur 4 ». Apr√®s le quartier de l’Europe, K√©rinou, Saint Marc, Saint Martin, ces op√©rations de renouvellement urbain (ORU) devront se poursuivre en particulier sur la rive droite et pas uniquement dans les quartiers travers√©s par le Tram pour concerner la moiti√© de la production annuelle de logements. La construction neuve en extension urbaine (zone AU), tout en respectant les m√™mes normes environnementales du HQE, devra r√©pondre aux exigences de la loi Solidarit√© Renouvellement Urbain (SRU) de 25% de logements sociaux. Mais force est de constater qu’√† Brest les logements HLM, tous attribu√©s, repr√©sentent bien plus de 25% des logements occup√©s puisque l’on d√©compte dans l’immobilier priv√© des milliers d’appartements inoccup√©s, ce qui est une preuve suppl√©mentaire du marasme de notre ville. Le programme local de l’habitat (PLH) pr√©voit aussi un effort soutenu, √† hauteur de 50%, de consruction de logements √† loyer mod√©r√©, ce qui ne peut √™tre critiqu√©. Cependant il faudra veiller √† respecter un √©quilibre des diff√©rents segments du march√©. Les op√©rateurs priv√©s doivent pouvoir augmenter leur offre en direction des familles, dans une ville qui a vu le nombre d’habitants par logement fondre et passer de plus de 4 √† 1,9 en 40 ans. Cela s’explique en partie par l’augmentation du nombre de familles s√©par√©es et recompos√©es, le vieillissement de la population et le nombre d’√©tudiants souvent c√©libataires, mais un effort doit √™tre fait pour accueillir les familles jeunes appartenant √† la classe moyenne, qui n’ont pas acc√®s au logement social et se sont expatri√©es vers les premi√®re et deuxi√®me couronnes ces 20 derni√®res ann√©es. L’objectif en nombre de logements √† construire sera tributaire de la sant√© √©conomique de l’agglom√©ration qui conditionnera son d√©veloppement futur, tout en tablant sur un minimum de 500 par an. A c√īt√© de cette densification urbaine in√©vitable, le PLU devra p√©renniser les coeurs de biodiversit√©, restaurer les discontinuit√© de la trame verte pour d√©cliner des connections √©cologiques en mettant en r√©seau les principaux espaces verts urbains avec les espaces naturels. Ainsi pourront √™tre am√©nag√©s des parcours pour encourager les d√©placement doux actifs.

-  Compl√®ter le plan de d√©placement urbain (PDU)- consid√©rant que les principaux √©tablissements publics et de nombreux quartiers ne sont pas d√©sservis par la premi√®re ligne de tramway est-ouest, une deuxi√®me ligne nord-sud est souhaitable pour compl√®ter l’offre en √©tendant la d√©sserte d’un transport en commun moderne et non polluant en site propre. La d√©sserte des facult√©s sur le plateau du Bouguen appara√ģt en effet comme une n√©cessit√©, comme l’ont bien compris toutes les villes universitaires qui se sont dot√©es d’un tram. Cette ligne pourrait ensuite d√©sservir Bellevue, puis l’√©cole de commerce et enfin l’hopital de la Cavale Blanche, premier employeur de la ville. Par ailleurs, pourquoi ne pas faire d√©marrer la ligne du port de commerce au niveau du rond point du gaz pour passer devant la car√®ne, rejoindre le 1er bassin et le port de plaisance du ch√Ęteau avant de remonter par la rampe vers la gare. Cette ligne en reliant le port de commerce √† l’hopital en passant par toutes les facult√©s, pourrait √™tre emprunt√©e par des milliers de salari√©s et d’√©tudiants. Les passages des ponts Schumann et de la Villeneuve pourraient n√©cessiter, comme pour le pont de Recouvrance, l’am√©nagement d’appendices lat√©raux pour les pi√©tons et v√©los. Mais il faut se rappeler que la construction de la premi√®re ligne de tram sur fer, √† 20 millions d’euros H.T. du Km, a cout√© pr√®s de 400 millions d’euros H.T., ce qui a n√©cessit√© le recours √† l’emprunt pour 204 millions d’euros, entrainant en 2012 un quasi doublement de la dette de BMO, multipliant par deux le nombre d’ann√©es n√©cessaires au remboursement de la dette de BMO √† partir de l’√©pargne brute ! Cela veut dire que les finances de la communaut√© urbaine sont entr√©es dans le rouge et qu’elle n’a plus les moyens avant plusieurs ann√©es de se payer une 2me ligne de tramway sur rail. Fran√ßois Cuillandre le sait et dit ne pas vouloir faire de choix avant les √©lections, citant une solution alternative : le Busway, bus √† haute qualit√© de service, mais qui reste un bus avec ses √©missions de gaz √† effet de serre, en contradiction avec une des raisons essentielles avanc√©es pour justifier initialement le tram. Il existe un autre mode de transport en commun en site propre, qui n’√©met pas de gaz d’√©chappement, et a √©t√© exp√©riment√© en particulier par la communaut√© urbaine de lyon en fonction de la fr√©quentation attendue de la ligne : jusqu’√† 50.000 passagers par jour c’est le trolleybus, au del√† c’est le tram. Or la fr√©quentation attendue d’une 2me ligne est de 35.000 passagers par jour. Un Trolleybus moderne offre en effet un certain nombre d’avantages. Il co√Ľte 4 √† 5 fois moins cher que le tram, puisqu’il n’y a pas de rails √† poser, ni de r√©seaux √† d√©placer, ni de voirie √† refaire. Les travaux sont ainsi beaucoup plus rapides et ne mettront pas en danger un commerce local d√©j√† rudement √©prouv√©. Sans rail l’itin√©raire n’est plus fig√©, mais surtout par sa traction √©lectrique, le trolleybus, comme le tram, pr√©serve l’environnement des √©missions de gaz √† effet de serre, contrairement au busway. Proposer une 2me ligne de TCSP par trolleybus pour rallier le port de commerce √† l’hopital la Cavale blanche, pourrait repr√©senter un grand projet de mandat, structurant, √©cologique, socialement utile et budg√©tairement r√©alisable, qui aurait le m√©rite de trancher avec l’attentisme du maire sortant.

Mais le plan des d√©placements urbains ne saurait se r√©sumer au d√©veloppement des transports en commun. L’arriv√©e du tram s’est accompagn√©e d’une nette augmentation des difficult√©s de circulation sur certains axes Brestois. Il faudra assurer une meilleure fluidit√© √† la circulation automobile, dont la surface de chauss√©e roulante a √©t√© √©xag√©r√©ment r√©duite, avec passage de 2 fois 2 voies √† 2 fois 1 voie sur de nombreux boulevards. Ceci pour √©viter les √©missions de CO2 en rapport avec ces bouchons prolong√©s qui sont d√©sormais le lot quotidien des Brestois.

Le d√©veloppement des d√©placements doux actifs, v√©lo et marche, est aussi indispensable pour le maintien d’un bon √©tat de sant√© de la population. Cela passe par l’extension et la s√©curisation d’un r√©seau de pistes cyclables en site propre et sans discontinuit√©, et la s√©curisation et l’entretien des voies pi√©tonnes avec cr√©ation de parcours urbains empruntant les voies vertes de l’agglom√©ration. Il faudra aussi cr√©er des zones de covoiturage, des parcs √† v√©lo, et dans une cit√© pentue mettre √† disposition des v√©los √† assistance √©lectrique qui peuvent maintenir en activit√© physique des populations √Ęg√©es ou aux capacit√©s physiques m√©diocres. Il faudra aussi offrir aux familles, qui travaillent √† Brest mais vivent dans la premi√®re ou deuxi√®me couronne, les moyens de s’installer en ville pour limiter les transports domicile-travail. Cela permettra aussi d’augmenter le taux d’occupation par logement et de revivifier le tissu scolaire. Toutes ces mesures de sant√© publique qui doivent figurer dans l’Agenda 21 de BMO.

- Un maillage de grands √©quipements √† repenser- La contrainte budg√©taire cons√©cutive √† la construction de la 1√®re ligne de tramway et la volont√© de vouloir concentrer de nombreux √©quipements sur le nouveau quartier du plateau des Capucins par peur d’une attractivit√© insuffisante, sont venus remettre en cause bien des choix d’implantation de nouveaux grands √©quipements d’agglom√©ration au d√©triment du Froutven et du centre ville, donnant l’impression d’atermoiements, de d√©cisions au coup par coup sans vision prospective d’ensemble.

Le meilleur exemple en est la M√©diath√®que con√ßue d√®s 2002 avec la biblioth√®que universitaire comme l’une des deux composantes compl√©mentaires d’un m√™me ensemble parfaitement int√©gr√© sur le plan architectural avec un hall commun, devant s’implanter en toute logique √† c√īt√© de la facult√© des lettres victor S√©galen. Apr√®s que la partie universitaire du batiment a √©t√© construite, la d√©cision a √©t√© prise de repenser compl√®tement le projet et construire la m√©diath√®que dans les grands ateliers du plateau des Capucins ! Ce projet tronqu√© perd ainsi la dimension voulue initialement de rapprochement de l’universit√© et de la ville par la culture, et √©loigne d’autant les √©tudiants de ce futur lieu de ressources.

Le transfert de l’√©cole sup√©rieure d’art sur le plateau des Capucins, un temps envisag√©, devait permettre de d√©sengorger et requalifier le « carr√© des arts » en centre ville, et de le recomposer avec extension de l’√©cole de musique, de danse et d’art dramatique, trop √† l’√©troit, vers ces nouveaux locaux contigus ainsi lib√©r√©s. Une √©tude en ce sens avait d’ailleurs √©t√© command√©e d√®s 2007, qui devait √©galement permettre d’√©tudier le red√©ploiement du mus√©e des beaux arts vers la biblioth√®que centrale √©galement lib√©r√©e √† l’ouverture de la m√©diath√®que en centre ville... Au moment o√Ļ les √©coles d’art de Bretagne co-construisent leur avenir, cette implantation au sein d’un nouveau quartier, qui se veut embl√®matique √† vocation m√©tropolitaine, √©tait de nature √† dynamiser et donner une autre dimension √† l’√©cole d’art de Brest. Cette d√©cision ajourn√©e est manifestement un loupp√©, qui laisse en suspend le devenir du carr√© des arts.

Le refus de la municipalit√© d’envisager l’implantation d’un Multiplex au Froutven, pourtant r√©clam√©e par la profession, doit nous interroger sur la volont√© r√©elle de la collectivit√© √† faire de l’entr√©e est de la ville un important p√īle commercial et de loisirs, quand on sait que le projet de Z√©nith n’y verra pas le jour et que le grand stade de football n’est plus d’actualit√©. La ligne de tram a pourtant bien √©t√© prolong√©e de 2 Km vers le Froutven pour 40 millions d’euros. Ce n’est sans doute pas pour d√©sservir uniquement un magasin de meubles ! En effet le projet de G3S (grande salle des spectacles sportifs de 5000 places), qui devait accueillir d√®s 2011 pour un cout de 17 millions d’euros les matchs de basket et de hand ball de l’agglom√©ration, a √©t√© ajourn√© et modifi√© pour faire de « Brest Arena » une salle pouvant accueillir √©galement des spectacles. Cette polyvalence a fait doubler le cout de l’√©quipement √† 36 millions d’euros et laisse augurer des difficult√©s de gestion de la salle entre des disciplines si diff√©rentes. Son implantation √† Saint Pierre dans une zone qui manque cruellement de places de parking interroge au regard des possibilit√©s d’implantation laiss√©es en friche au Froutven. Car il est vrai qu’une √©tude de d√©finition, livr√©e en 2005, avait √©t√© command√©e √† l’atelier de l’Isle dans le cadre de l’am√©nagement du Froutven avec un grand stade de foot de 20.000 places et un Z√©nith, tous deux coupl√©s par des zones de parking mutualis√©es. La zone, qui devait √©galement accueillir le centre de formation du stade Brestois, justifiait, avec √©galement l’implantation d’Ik√©a, la prolongation de la ligne de tram. Faute d’anticipation de BMO et d’avoir cr√©√© une r√©serve fonci√®re ou un emplacement r√©serv√© au PLU, des investisseurs priv√©s ont acquis les terrains convoit√©s bloquant un projet de grand stade √† l’√©tude depuis plusieurs ann√©es dans une ville comptant des milliers de supporters et devant contribuer √† l’image et la notori√©t√© d’une ville qui acc√®dait en ligue 1. La construction du centre de formation du stade Brestois reste d’une actualit√© pressante pour assurer un avenir √† ce sport populaire. On le voit, l’abandon de ces projets de grands √©quipements au Froutven pour une entr√©e de ville structur√©e et imposante, cr√©e un d√©s√©quilibre dans l’implantation de ces √©quipements sur l’agglom√©ration. D’autant que la construction d’un palais des congr√®s, qui peut se justifier compte tenu de la concurrence sur le Quartz de la programmation des congr√®s et des spectacles, n’a pas vocation √† se faire au Froutven. Les conditions d’attractvit√© d’un centre de congr√®s √† Brest r√©clament plut√īt une situation au bord de l’eau avec vue sur mer, en particulier pour les espaces de restauration, et pas trop √©loign√©e √† pied des hotels du centre ville. Le premier √©peron du port de commerce, pr√®s du port du ch√Ęteau, mieux que le plateau des Capucins, prend en compte toutes ces exigences de r√©ussite.

Il faudra aussi maintenir l’attractvit√© d’Oc√©anopolis, parc de d√©couverte des oc√©ans ouvert en 1990, qui accueille environ 450.000 visiteurs par an en ayant limit√© la baisse de fr√©quentation par l’organisation d’expositions temporaires de qualit√© qui ont justifi√© la construction d’un nouveau pavillon d√©di√© et d’un bassin √† loutres. Cet investissement de 10 millions d’euros vient s’ajouter √† l’importante subvention d’√©quilibre vers√©e annuellement par la collectivit√©, alors que dans le m√™me temps, on l’a vu, plusieurs projets de grands √©quipements √©taient retard√©s faute d’inscription budg√©taire. Reste √† citer le r√©am√©nagement r√©ussi de l’entr√©e du Quartz, qui donne un acc√®s √† la hauteur de cette premi√®re sc√®ne Nationale Fran√ßaise, dont l’enthousiasme de ses adh√©rents ne se d√©ment pas.

- S√©curiser l’espace public - L’ins√©curit√© √† Brest est une r√©alit√©. Les faits de d√©liquance constat√©s en 2012 sont m√™me en augmentation de 6%. Brest se situe m√™me au dessus de la moyenne nationale pour plusieurs types de plaintes. En 2012 sur Brest 20,56 plaintes pour d√©gradations volontaires pour 1000 habitants ont √©t√© enr√©gistre√©s pour une moyenne nationale de 6,11 ! 6,65 coups et blessures volontaires et homicides pour 1000 habitants ont √©t√© constat√©s √† Brest pour 3,88 en moyenne nationale. 0,72 plaintes pour violences sexuelles pour 1000 habitants ont √©t√© d√©pos√©es pour 0,37 en moyenne nationale. Les vols de particuliers et les vols d’auto et de deux roues sont √©galement sup√©rieurs √† la moyenne nationale.

Un climat d’ins√©curit√© et de violences est aussi le fait sur Brest de rassemblements festifs de jeunes fortement alcoolis√©s, mais aussi de l’occupation abusive de certains espaces publics par de jeunes marginaux, et de l’occupation de halls d’immeubles de quartiers sensibles par de jeunes d√©linquants impliqu√©s dans les trafics de drogue.

Quels sont les moyens dont dispose la collectivit√© pour lutter contre cette d√©linquance ?
- En premier lieu la police Nationale, mais dont les effectifs sur Brest semblent notoirement insuffisants, d’autant que la r√©vision g√©n√©rale des politiques publiques avec non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant √† la retraite est pass√©e par l√†.
- Les pouvoirs de police du maire, qui doit assurer le bon ordre, la tranquilit√©, la s√©curit√© et la salubrit√© sur le territoire de sa commune. En cas de d√©sordre le maire peut prendre des arr√™t√©s de port√©e g√©n√©rale, qui ne sont subordonn√©s ni √† un avis du conseil municipal, ni √† une quelconque tutelle pr√©fectorale. Par laxisme et manque de courage politique fran√ßois Cuillandre n’a jamais voulu prendre un arr√™t√© d’interdiction de consommer de l’alcool sur la voie publique, qui aurait pourtant permis d’emp√™cher les d√©rives des soir√©es arros√©es en centre ville.

- Le conseil intercommunal de s√©curit√© et pr√©vention de la d√©linquance (CISPD), mis en place en 2003, qui r√©unit les 8 maires de BMO, le procureur, le sous pr√©fet, le commisaire de police et le commandant de gendarmerie. A partir d’une analyse de la d√©linquance sur ce territoire et d’un diagnostic, il fixe des objectifs et prend des mesures de pr√©vention. Il encourage en particulier la pr√©vention des conduites √† risque, l’aide aux victimes et les mesures alternatives √† l’incarc√©ration.

- Le contrat urbain de coh√©sion sociale (CUCS), ex contrat de ville, qui a d√©finit 5 domaines prioritaires d’intervention : # L’am√©lioration de l’habitat et la qualit√© r√©sidentielle des quartiers sensibles. # L’action √©ducative pour une meilleure √©galit√© des chances (√† travers le programme √©ducatif local). # Une meilleure insertion et l’acc√®s √† l’emploi (action du « Sato relais » pour l’insertion des plus pr√©caires). # Une promotion de l’√©ducation √† la sant√©. # Une mobilisation pour la pr√©vention de la d√©linquance, la s√©curit√© et la tranquilit√© publique.

En effet, plusieurs quartiers sensibles de Brest cumulent fort taux de ch√īmage, emplois pr√©caires, revenus fiscaux les plus bas, taux de retard scolaire √† l’entr√©e en CM2 deux fois sup√©rieurs √† la moyenne de la ville, des jeunes sortis du syst√®me scolaire sans dipl√īme pour pr√®s de la moiti√©, faible mobilit√© r√©sidentielle, avec pr√®s du quart de leurs habitants qui vivent dans des logements surpeupl√©s ou n’ont pas de v√©hicule. Tous ces handicaps doivent pouvoir b√©n√©ficier en priorit√© des domaines d’intervention du CUCS. Mais si l’intervention socio √©ducative et la m√©diation sociale sont indispensables, ils ne peuvent suffire pour am√©liorer sensiblement la s√©curit√© des Brestois. Trois propositions pourraient √™tre faites pour faire face de fa√ßon plus efficace √† l’augmentation de la d√©linquance et de l’ins√©curit√© sur notre agglom√©ration :

*La prise d’un arr√™t√© contre la consommation d’alcool sur la voie publique par le futur maire de Brest. *L’installation de cam√©ras de vid√©o surveillance dans certains lieux publics mal s√©curis√©s, en particulier l√† o√Ļ l’on constate des occupations abusives de l’espace public. Il s’agit de rechercher le m√™me effet disuasif que pour les cam√©ras install√©es dans les transports en commun. Il ne s’agira pas de mobiliser du personnel pour une surveillance continue en temps r√©el, mais de pouvoir avoir acc√®s aux enr√©gistrements en cas de d√©sordre ou d’agression sur la voie publique. *Pour venir en compl√©ment de l’action de la police Nationale dont les effectifs sont insuffisants, la cr√©ation d’une police municipale de proximit√©, pour une pr√©sence visible au plus pr√®s de la population dans les quartiers. L’avis des Brestois pourrait √™tre sollicit√© sur cette mesure par la voie d’un r√©f√©rundum local.

En d√©finitive, on peut penser que les Brestois aspirent prioritairement pour le prochain mandat √† vivre dans une cit√© s√©curis√©e leur apportant de l’emploi. Un d√©veloppement √©conomique porteur d’emplois pour Brest et sa communaut√© urbaine passera obligatoirement par son d√©senclavement, en sachant saisir l’opportunit√© de s’inscrire dans les nouveaux m√©tiers des √©nergies renouvelables li√©es √† la mer, sans n√©gliger les possibilit√©s de d√©velopper les activit√©s portuaires traditionnelles. Ce d√©fi industriel ne peut se concevoir sans le soutien de laboratoires de recherche performants, conditionn√© par la perennisation et la consolidation de notre universit√©.

Le regain de l’emploi apportera √† la ville plus de richesse pour financer la qualit√© de vie de ses habitants en terme de d√©placements, d’habitat √† haute qualit√© environnementale, de nouveaux √©quipements sportifs, culturels et de loisir. Mais Brest se donnera aussi les moyens de mieux s√©curiser son territoire, pour que ses habitants puissent se d√©placer et vivre en toute s√©curit√©. C’est une des conditions de l’exercice de la libert√©. L’image de notre ville et son attractivit√© en d√©pendent.

Yves Pagès, le 9 octobre 2013


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